IaaS, PaaS, SaaS : quelles différences ?

IaaS, PaaS, SaaS : définitions simples, qui gère quoi entre fournisseur et client, tableau comparatif et critères pour choisir le bon modèle cloud.

Par Rim Housni
10 min de lecture

IaaS, PaaS et SaaS sont les trois modèles de services du cloud computing. Ils se distinguent par ce que le fournisseur prend en charge : l’infrastructure (serveurs, stockage, réseau) pour l’IaaS, la plateforme d’exécution et de développement pour le PaaS, et l’application complète, prête à l’emploi, pour le SaaS. Plus on va vers le SaaS, moins le client gère la technique.

L’essentiel

  • IaaS : le fournisseur loue des ressources brutes (calcul, stockage, réseau) ; le client gère le système d’exploitation, le middleware, les applications et les données.
  • PaaS : le fournisseur gère aussi le système et le middleware ; le client déploie son propre code et gère ses données.
  • SaaS : le fournisseur livre une application complète ; le client gère ses utilisateurs, ses données et l’usage du logiciel.
  • Quel que soit le modèle, les données et les droits d’accès restent sous la responsabilité de l’entreprise.

L’expansion fulgurante des nouvelles technologies de l’information a engendré au fil du temps de nouveaux paradigmes informatiques venant bouleverser en profondeur les pratiques établies. Parmi ces concepts disruptifs, les architectures de type cloud se sont imposées comme standard au sein des entreprises souhaitant tirer pleinement avantage des capacités offertes par l’externalisation des infrastructures et services. Ce nouveau paradigme promeut une externalisation des SI vers des serveurs distants par l'intermédiaire d'Internet. Il comprend trois grandes catégories de services : IaaS, PaaS et SaaS.

Si ces acronymes sont souvent mentionnés, difficile d’y voir clair pour les moins expérimentés d’entre nous. Quelles spécificités revêt chacune ? En quoi diffèrent-elles ?

Définition de IaaS

L’acronyme IaaS signifie « Infrastructure as a Service », soit « infrastructure en tant que service » en français. Derrière ce terme se cache un concept des plus simples : il s’agit de fournir à un client des ressources informatiques brutes, généralement hébergées dans le cloud.

Concrètement, un fournisseur IaaS va mettre à disposition une capacité de stockage sur des serveurs distants, de la puissance de calcul ou encore de la mémoire vive. Le client peut alors déployer ses propres machines virtuelles (VM) préconfigurées sur cette infrastructure externalisée.

Il conserve la main sur le paramétrage de la couche logicielle, avec un contrôle total.

Les principaux avantages du modèle IaaS résident dans :

  • La flexibilité d'utilisation : l'entreprise peut configurer et ajuster à sa guise les ressources virtuelles qui lui sont octroyées en fonction de ses besoins.
  • L'élasticité : grâce à la virtualisation, l'entreprise peut dimensionner à la demande les capacités mises à sa disposition pour faire face aux variations d'activité.
  • L'optimisation des coûts : l'externalisation de l'infrastructure vers le cloud permet de s'affranchir des coûteuses dépenses d'investissement et de fonctionnement liées à l'acquisition et l'entretien de serveurs physiques.

Au niveau des cas d’usage, l’IaaS excelle pour le développement d’applications, avec un déploiement rapide. Elle convient aussi aux projets temporaires nécessitant une grande scalabilité. Des acteurs majeurs comme Amazon Web Services ou Microsoft Azure ont popularisé ce mode de consommation du cloud.

Définition de PaaS

L’acronyme PaaS signifie quant à lui « Platform as a Service », que l'on traduit par « plateforme en tant que service ». Cette fois, le fournisseur cloud va mettre à disposition du client non pas seulement des ressources brutes, mais une plateforme applicative complète.

En pratique, un acteur PaaS fournit l’infrastructure de serveurs, le système d’exploitation, le middleware et des fonctionnalités de gestion d’applications. Le client a seulement besoin de déployer son propre code applicatif sur la plateforme. Il garde ainsi le contrôle sur ses données et sa logique métier.

L’intérêt majeur du PaaS est de simplifier et d’accélérer le développement. En effet, des services sont intégrés nativement, par exemple :

  • Bases de données
  • Files de messages
  • Authentification
  • Cache
  • Etc.

L’hébergement d’applications web et mobiles constitue le cas d’usage privilégié du PaaS. On le retrouve aussi pour créer des APIs ou chaînes d’intégration de données prêtes à l’emploi.

Définition de SaaS

L’acronyme SaaS correspond à « Software as a Service », ou « logiciel en tant que service ». Il s’agit du modèle le plus abouti du cloud computing. En effet, avec le SaaS, le fournisseur met à disposition une application complète et opérationnelle, accessible en ligne.

Ici, le client n’a pas à se soucier de l’infrastructure sous-jacente ni des mises à jour. Il lui suffit d’une connexion internet pour utiliser le logiciel et accéder à ses données de n’importe où.

Les applications SaaS sont fréquemment accessibles depuis un navigateur web mais aussi des apps mobiles ou de bureau.

L’atout majeur du SaaS réside dans sa simplicité de déploiement. Le client évite les projets d’installation et d’infrastructure propres aux solutions on-premise ; l’accompagnement des utilisateurs reste en revanche indispensable. La facturation s’opère généralement sur un modèle d’abonnement, le plus souvent par utilisateur ; la facturation à l’usage est surtout caractéristique de l’IaaS.

On retrouve des applications SaaS dans la majorité des domaines d’activité : communication d’entreprise, gestion commerciale, finance, RH, etc.

Éditeur français expert depuis 2001, Knowmore accompagne la conduite du changement vers le SaaS dans les grandes entreprises. Notre suite logicielle K-NOW pour l’adoption digitale guide les utilisateurs directement dans leurs applications.

Les différences entre les modèles

IaaS, PaaS et SaaS possèdent chacun leurs spécificités. Il importe de bien saisir leurs divergences avant de faire son choix. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux points de comparaison :

Critère
IaaS
PaaS
SaaS
Type de service
Ressources brutes (machines virtuelles, stockage, réseaux...)
Plateforme applicative (systèmes, middleware, briques logicielles...)
Logiciel complet opérationnel
Contrôle client
Total sur le SI
Sur la logique applicative uniquement
Faible, paramétrage limité
Exploitation
Par le client
Partagée
Totale par le fournisseur
Compétences nécessaires
Expertes sur l'infra et les opérations
Développement d'applications
Utilisateurs métier
Investissement initial
Faible
Moyen
Faible
Scalabilité
Élevée
Moyenne
Limitée
Sécurité
À la charge du client
Partagée
Par le fournisseur
Exemples
AWS, Microsoft Azure, Google Cloud
AWS Elastic Beanstalk, Heroku, Google App Engine
Salesforce, Microsoft 365, Google Workspace

On constate que plus le contrôle et la responsabilité se déportent vers le fournisseur cloud, plus la solution est simple à utiliser pour le client. L’IaaS offre la flexibilité maximale quand le SaaS permet une mise en place accélérée mais plus contrainte. Le PaaS se positionne comme juste équilibre adapté aux projets applicatifs.

Qui gère quoi entre le fournisseur et le client ?

La façon la plus claire de distinguer les trois modèles consiste à regarder quelles couches restent à la charge de l’entreprise. Le tableau ci-dessous reprend la répartition décrite par Google Cloud, comparée à une installation sur vos propres serveurs (on-premise).

CoucheOn-premiseIaaSPaaSSaaS
Données, comptes et droits d’accèsClientClientClientClient
ApplicationClientClientClientFournisseur
Middleware et environnement d’exécutionClientClientFournisseurFournisseur
Système d’exploitationClientClientFournisseurFournisseur
Virtualisation, serveurs, stockage, réseauClientFournisseurFournisseurFournisseur

Deux enseignements s’en dégagent. D’abord, quel que soit le modèle, les données, les comptes et les droits d’accès restent sous la responsabilité de l’entreprise : passer au cloud ne transfère pas cette obligation. Ensuite, plus on monte vers le SaaS, plus l’effort se déplace de la technique vers l’usage : paramétrage, gouvernance des accès et accompagnement des utilisateurs deviennent les vrais chantiers.

Exemples de SaaS, PaaS et IaaS du marché

Après avoir théorisé ces concepts, il est temps d’illustrer par des cas concrets issus de l’écosystème cloud actuel.

Pour l'IaaS, AWS, Microsoft Azure et Google Cloud figurent parmi les principaux fournisseurs. Ils permettent aux entreprises d'héberger leur SI de manière flexible et évolutive.

Concernant le PaaS, les plateformes les plus adoptées sont AWS Elastic Beanstalk, Heroku et RedHat OpenShift. Elles propulsent le développement d'applications stratégiques .

Du côté du SaaS, les mastodontes que sont Salesforce, Microsoft Office 365 et Google Workspace équipent une myriade d'entreprises allant des PME aux grands groupes.

Ces exemples phares montrent que le cloud computing a investi tous les secteurs. Sa flexibilité s'adapte aux problématiques d'entreprises de toute taille à travers le IaaS, PaaS et SaaS.

IaaS, PaaS ou SaaS : lequel choisir ?

Le bon modèle dépend moins de la technologie que de ce que vous voulez maîtriser.

  • Choisissez l’IaaS si vous devez garder la main sur le système d’exploitation et la configuration, migrer des applications existantes sans les réécrire ou absorber des pics de charge ponctuels. Il faut alors des équipes capables d’administrer serveurs, réseau et sécurité.
  • Choisissez le PaaS si vous développez vos propres applications et souhaitez que vos développeurs se concentrent sur le code, sans gérer serveurs ni middleware.
  • Choisissez le SaaS si un logiciel standard couvre votre besoin métier (CRM, SIRH, ERP, collaboration) et que vous acceptez d’adapter vos processus à ses fonctionnalités.

Dans les grandes organisations, les trois coexistent : un ERP en SaaS, des applications spécifiques sur un PaaS, des applications historiques sur de l’IaaS. Avec le SaaS, le principal risque n’est plus technique, il porte sur l’usage : les nouvelles versions arrivent régulièrement et modifient les écrans. Prévoyez un dispositif d’onboarding des utilisateurs SaaS dès le lancement, puis à chaque évolution majeure.

Conclusion

Ainsi, IaaS, PaaS et SaaS incarnent la démocratisation du cloud computing. Ces modes de consommation des ressources informatiques virtualisées ont essaimé dans les SI des entreprises de toute envergure.

Ces alternatives ne sont néanmoins pas exclusives. On assiste à une convergence croissante des plateformes cloud, intégrant plusieurs modes de fourniture. Cette hybridation accroît la liberté de choix des entreprises pour élaborer une stratégie sur mesure selon leurs cas d’usage.

Car le mouvement de fond est bien là : le cloud s’insinue à grande vitesse au cœur du système d’information des organisations publiques et privées. Il fait désormais corps avec leur agilité numérique en continuelle adaptation aux évolutions du marché.

Chez Knowmore, nous repensons l'usage des applications d'entreprise en couplant apprentissage et expérience utilisateur au sein de nos solutions SaaS nouvelle génération. Quels que soient votre secteur et vos enjeux business, nous vous aidons à optimiser l’appropriation de vos suites CRM, ERP, SIRH ou collaboration en mode cloud.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le PaaS et le SaaS ?

Le PaaS fournit un environnement pour développer et exécuter vos propres applications : le fournisseur gère serveurs, système d’exploitation et middleware, et vous écrivez le code. Le SaaS fournit une application déjà développée, prête à l’emploi, que vous paramétrez sans programmer. Le PaaS s’adresse surtout aux équipes de développement, le SaaS aux utilisateurs métier.

Microsoft 365 et Azure relèvent-ils du SaaS, du PaaS ou de l’IaaS ?

Microsoft 365, qui regroupe notamment Outlook, Teams, Word et Excel en ligne, est un SaaS : l’application est fournie prête à l’emploi. Microsoft Azure est une plateforme cloud qui propose à la fois de l’IaaS, comme les machines virtuelles, et du PaaS, comme les services d’hébergement d’applications. Un même fournisseur peut donc couvrir les trois modèles avec des offres distinctes.

Que sont le CaaS, le FaaS et le DaaS ?

Ce sont des déclinaisons plus fines des trois modèles. Le CaaS (Containers as a Service) fournit un environnement géré pour exécuter des conteneurs, entre IaaS et PaaS. Le FaaS (Functions as a Service) exécute de petites fonctions déclenchées par des événements, sans serveur à administrer. Le DaaS (Desktop as a Service) met à disposition des postes de travail virtuels accessibles à distance.

Cloud privé, public ou hybride : quel lien avec IaaS, PaaS et SaaS ?

Ce sont deux dimensions distinctes. IaaS, PaaS et SaaS décrivent le niveau de service fourni ; cloud privé, communautaire, public ou hybride décrit le mode de déploiement, c’est-à-dire qui partage l’infrastructure. La définition du NIST distingue ainsi trois modèles de service et quatre modèles de déploiement : une entreprise peut par exemple consommer de l’IaaS dans un cloud privé.

Quel modèle cloud choisir pour un ERP ?

Deux options dominent. L’ERP en SaaS est exploité et mis à jour par l’éditeur : moins de charge technique, mais une personnalisation plus encadrée. L’ERP hébergé sur de l’IaaS reste votre propre instance, installée sur des serveurs loués : plus de contrôle, mais l’exploitation et les montées de version restent à votre charge. Notre article sur les avantages et inconvénients du SaaS détaille ces arbitrages.

ADOPTION DIGITALE

Facilitez l’adoption de vos outils métiers

Découvrez comment Knowmore accompagne vos collaborateurs directement dans leurs applications.

Demander une démo